L'anémie infectieuse féline

Publié le par Oeuvre Collective

L’anémie infectieuse féline (hémobartonellose)

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C'est une maladie grave mais très peu fréquente. L'incubation est variable : de 2 à 17 jours.


Les chats peuvent être infectés par un petit parasite des globules rouges, une bactérie de l'ordre des Rickettsies, anciennement appelé Hemobartonella felis. Cette maladie, qui est attribuable à une infection, est appelée anémie infectieuse féline. Les parasites responsables de la maladie ont été rebaptisés C. Mycoplasma haemominutum (CMhm), pour la souche de petite taille, et Mycoplasma haemofelis, pour les souches de grande taille. Il est important de faire cette distinction, car ces deux sous-types du parasite sanguin produisent des signes cliniques assez différents.
La souche CMhm cause une anémie hémolytique de légère à modérée. Le terme «hémolytique» signifie qu’une faible numération des globules rouges ou une anémie résulte d’une fragmentation des globules rouges aussi appelée «lyse».
Les souches de Mycoplasma haemofelis causent une anémie grave. La fièvre et la perte de poids et d’appétit, des muqueuses pâles et la léthargie sont des signes communément observés.

Il semblerait que les mâles âgés d’un à trois ans soient les plus susceptibles d’être affectés.

Certains chats peuvent rester porteurs sains, ne développant aucun signe de la maladie, jusqu'à l'exposition à un stress ou une maladie intercurrente qui peuvent déclencher l'expression de l'hémobartonellose. L'anémie peut être déclenchée ou aggravée par un profond stress ou par une dépression des défenses immunitaires (leucose, FIV).


SYMPTÔMES

Les symptômes sont gencives et muqueuses pâles ainsi que vomissements un abattement, une anorexie, une hyperthermie et de la déshydratation, une asthénie, un subictère (légère coloration jaune des tissus) un peu comme dans la piroplasmose du chien, une splénomégalie (hypertrophie de la rate) et surtout une anémie hémolytique (destruction des globules rouges) une tachycardie, Polypnée (Respiration rapide amenant habituellement une hyperventilation) , Urobilinurie (Teneur de l'urine en urobiline: Pigment biliaire dérivé de la bilirubine présent dans les urines et les matières fécale). Le diagnostic se fait par frottis sanguin sur sang frais.  En général on a une amélioration lente, puis un portage sans symptomes à vie. Parfois on a une anémie hémolytique (destruction des globules rouges) fatale. En l'absence de traitement, la mort survient rapidement. L'hémobartonellose est souvent une conséquence de l'immunodépression due au FIV ou FelV. La période entre l'inoculation et la mise en évidence d'Haemobartonella felis dans les globules rouges varie de 2 à 17 jours.

TRANSMISSION

Les voies de transmission des parasites entre les chats ne sont pleinement comprises, mais nous savons que les transfusions sanguines peuvent transmettre le parasite et que les chattes ont déjà infecté leurs chatons, qui peuvent aussi être infectés par le lait maternel. Les puces peuvent agir comme vecteurs de transmission, mordant d’abord un chat infecté et propageant subséquemment le parasite lorsqu’un autre chat est mordu. Les plaies des morsures des chats peuvent également servir de voie de transmission.

Un vétérinaire peut parfois voir les parasites dans des frottis sanguins examinés au microscope. Les parasites s’attachent à l’extérieur de la paroi du globule rouge. De plus, un test identifiant l’ADN du parasite peut être réalisé. Ce test de PCR-ADN peut être nécessaire pour parvenir à un diagnostic parce que les parasites ne se trouvent pas toujours dans le sang. Cette présence cyclique des parasites peut également porter votre vétérinaire à suggérer une série d’échantillons sanguins prélevés des jours différents.

La souche du parasite la plus pathogène peut produire des taux de mortalité pouvant aller jusqu’à un cas sur trois pour les chats malades non traités, alors un traitement rapide est important. Les chats atteints d’infections virales chroniques, comme le virus de la leucose féline et le virus de l’immunodéficience féline, seront habituellement plus gravement affectés, et la co-infection par ces virus est courante chez les chats atteints d’hémobartonellose.


EXAMEN HEMATOLOGIQUE
L'examen sanguin du chat atteint montre une anémie normochrome, normocytaire, généralement régénérative. L'hémobartonellose est la plus fréquente des hémolyses parasitaires du chat. Haemobartonella felis, attaché à la surface membranaire des globules rouges provoque une altération de celle-ci, ce qui diminue considérablement l'espérance de vie de ces hématies. De plus, l'exposition des antigènes membranaires des globule rouges, provoque l'apparition d'auto-anticorps, parfois à l'origine d'une anémie auto-immune. Enfin, les globules rouges parasités sont plus facilement captés par les cellules phagocytaires de l'organisme du chat. Tous ces phénomènes expliquent que l'hémobartonellose se présente souvent sous une forme suraiguë avec hémolyse rapide, avec auto-agglutination des hématies.

EVOLUTION
La guérison complète de la maladie est rare. Le passage à l'état de porteur chronique avec des accès récidivants pouvant se terminer par la mort, est la forme la plus fréquente.

DIAGNOSTIC
Un frottis sanguin, effectué par ponction et étalement immédiat, permet de visualiser Haemobartonella felis. Le diagnostic de certitude est posé en présence d'une anémie régénérative et des hémobartonelles à la périphérie des globules rouges. La seule présence d'Haemobartonella felis associée à une anémie non régénérative n'est pas un critère suffisant.


DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE

L'hémobartonellose clinique n'est souvent qu'une conséquence d'une co-infection par les virus immunosuppresseurs félins : Felv et FIV. Il faut donc toujours rechercher la présence de ces virus en présence d'un diagnostic d'hémobartonellose. Une atteinte simultanée par l'un de ces deux virus accentue la gravité de la maladie et assombrit fortement le pronostic.


TRAITEMENT

Le traitement comprend l'administration d'antibiotiques efficaces contre l'Hemobartonella et la lutte contre les symptômes (anémie etc..), des traitements anti-inflammatoires et peut-être des liquides intraveineux et des transfusions de sang peuvent être requis. Le traitement n’élimine pas complètement le parasite, le chat continuera donc d’être porteur, mais les rechutes sont rares mais toujours possible.

Le traitement de l'hémobartonellose aura pour objectif à la fois d'éliminer le germe et aussi de lutter contre la composante hémolytique à médiation auto-immune de la maladie. Souvent le traitement antibiotique contre Haemobartonella felis permet sa disparition du courant circulatoire, mais le malade n'est pas toujours guéri. L'antibiotique sera choisi en fonction de son efficacité sur le germe et de sa tolérance chez le chat. Le traitement sera maintenu pendant au moins trois semaines, mais il est souvent nécessaire de le poursuivre jusqu'à douze semaines. Il est nécessaire de lutter parallèlement contre les mécanismes auto-immuns de destruction des globules rouges. Les corticoïdes seront donc prescrits sur une très longue période. Enfin, la transfusion sanguine sera inévitable si le nombre de globules rouges est inférieur à deux millions par mm3.


PREVENTION

La maladie est sporadique, pour réduire les risques d’exposition à cette maladie, il convient d'éliminer les puces et autres parasites.

Il n’y a malheureusement pas encore de vaccins satisfaisants. Un nouveau test sanguin vient d'être mis au point aux USA



ALIMENTATION CONSEILLEE

Il est essentiel de bien alimenter votre chat dans cette situation critique. Si le système digestif fonctionne correctement, les nutriments seront apportés plus efficacement par la nourriture, ne serait-ce que parce qu'ainsi les nutriments sont directement utilisables par les cellules de l'intestin afin de préserver leur santé. Mais après une grave maladie, certains ont besoin d'être encouragés pour manger, et vous pouvez les aider à reprendre appétit



Si votre chat manifeste des signes de maladie comme ceux énumérés ci-dessus, communiquez rapidement avec votre vétérinaire pour fixer un rendez-vous. Avec un traitement rapide, le pronostic de guérison est bon.



Sources:


http://eurovetoclic.free.fr/fiche/fiche/fiche.php?page=36

Publié dans Maladies Chats

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