Dysplasie de la hanche-

Publié le par Oeuvre Collective

DEFINITION                                                                 

La dysplasie de la hanche ou dysplasie coxo-fémorale est une malformation de l'articulation de la hanche susceptible de se déclarer au cours de la croissance de n'importe quel chiot ou chat, et de façon plus symptomatique dans les races lourdes à croissance rapide.

Cette affection, qui n'est pas congénitale (présente à la naissance), comme il avait été avancé au départ, se caractérise par un certain nombre de cas de figure.

Dire d'un chien qu'il est dysplasique n'a pas la moindre signification. La dysplasie se mesure suivant un protocole très pointu et à l'aide d'un matériel sophistiqué qui ne peut être le fait que d'experts habilités.

Ce protocole est remarquablement expliqué sur le site de l'élevage de labradors Show Me The Way.

Il ressort de cet exposé explicite qu'une cotation de dysplasie doit prendre en compte une multitude de paramètres dont le plus important, dans le cas d'une radio acceptable, qui est aussi le plus délicat à interpréter, est la mesure de l'angle de Norberg.

Angle de Norberg > 105° = A = Abscence de Dysplasie coxo-fémorale

De 100° à 105°                = B = Abscence de Dysplasie coxo-fémorale Conformation Imparfaite

De 90° à 100°                  = C = Dysplasie coxo-fémorale discrète (la moyenne chez le labrador, 12, source BVA)

Angle inférieur à 90°         = D et E (dans ces cas là les anomalies sont nettement visibles sur la radio)

Tableau comparatif des cotations anglaises et françaises

                    Grande-Bretagne - BVA

                               France

                             De 0 à 4

                                    A

                             De 5 à 8

                                    B

                            De 9 à 106

                              C,   D,   E

L'angle varie selon l'âge du chien puisque, par définition, l'hyper-laxité ligamentaire est normale chez le chien en croissance, raison pour laquelle l'OFA, Orthopedic Foundation For Animals, l'une des premières commissions de lecture crée en 1966 aux Etats-Unis, qui interprète toutes les radios des chiens américains, n'accepte pas de lire de radio avant les deux ans révolus du chien. En France, le lecteur officiel n'interprètera la radio d'un labrador qu'à condition qu'elle ait été effectuée après l'âge d'un an.

L'angle varie également selon le savoir-faire du vétérinaire effectuant la radio, et selon que le chien a été ou non anesthésié pour ce faire. Il varie aussi si la chienne est en feux ou dans une période proche, chose dont les américains ont l'honnêteté d'avertir leurs "clients".

A ceux qui prétendent que l'honnêteté de l'éleveur ne devrait le conduire qu'à des radios sous anesthésie, je répondrai de bien vouloir le prouver, je rappellerai qu'une anesthésie n'est pas anodine, qu'un chien sans problème adopte la position souhaitée naturellement, et que la vocation de l'éleveur n'est pas d'engraisser les vétérinaires.

Enfin, la mesure de l'angle de Norberg peut être sérieusement affectée par la compétence du lecteur et par le matériel qu'il utilise.

La tête du fémur n'est pas tout à fait ronde, il n'est donc pas aisé d'en trouver le centre exact. Or "une erreur banale de 1 mm de part et d'autre fait déjà varier l'angle de 102° à 108° ! Avec une erreur de 3 mm, l'angle de Norberg-Olsson varie dans les limites de 96° à 114°" source : La Dysplasie de la Hanche chez le Chien, 1985 (Pr. Quéinnec, Dr. Iehl, Dr. Millemann).

C'est pourquoi  l'OFA ne cote les radios qu'elle interprète qu'après concertation de trois de ses vétérinaires spécialisés et habilités, et qu'elle signale que la majorité des certificats établis par des vétérinaires lambda ne sont pas fiables.

C'est ce qui explique qu'en cas de suspicion de dysplasie sur un chien qu'il a vendu, aucun éleveur expérimenté ne se fiera au certificat d'un vétérinaire non habilité, et demandera systématiquement la radio (correctement identifiée) du chien.

C'est aussi la raison pour laquelle chaque pays a mis en place sa ou ses commissions de lecture, l'exception française voulant que ce soit chaque club de race qui désigne et rémunère son lecteur amovible qui, en ce qui concerne les labradors, est remplacé au rythme des remaniements du comité du club de race, un comité qui se distingue par, race à la mode (= profits en jeu) oblige, son extrême versatilité ainsi que par des certificats de plus en plus opaques, en particulier en ce qui concerne l'angle de Norberg.

En effet, si l'angle est inférieur à 100°, plus la moindre précision, plus de distinction entre le C (dysplasie discrète) et le E (dysplasie grave). Selon quel critère de l'angle de Norberg dissocie-t-on le C du D, mystère, se pourrait-il que ce puisse être "à la tête du client"?, et pourquoi, dans le cas contraire, ne pas fournir les explications que tout un chacun est en droit d'attendre ?. Quand on sait que la commission de dysplasie britannique, la British Veterinary Association (BVA) cote soigneusement et de façon explicite chaque hanche de 0  à 53 points, on est en droit d'être songeur.

Toutes les races de chiens sont plus ou moins sérieusement, certaines totalement, affectées par la dysplasie coxo-fémorale à l'exclusion, croyait-on, des races longilignes de type lévrier. Les statistiques OFA  indiquent que non seulement ce n'est pas le cas, mais qu'en ce qui concerne le lévrier Afghan la situation se détériore lentement depuis 1990.

Trouver de la dysplasie chez les chats comme dans des race qui étaient considérées comme totalement indemnes, n'est-ce pas  bizarre pour une affection prétendue héréditaire?

Le labrador, race moyenne, n'est pas, et de loin, la race la plus touchée, n'en déplaise aux réfractaires à la règle de trois. C'est sa popularité, avec, dans notre pays,  10000 naissances de labradors inscrits au LOF par an, qui a conduit à l'associer à cette malformation à laquelle il ne paie pourtant qu'un tribut raisonnable, relativement contrôlable pour un éleveur expérimenté.

Les seuls pays capables de fournir des statistiques plausibles sont ceux où toutes les radios ne sont lues que par un institut unique, et  de manière anonyme, ce qui n'est pas le cas en France.

C'est en revanche le cas aux Etats-Unis depuis 1966, c'est à dire, avec près d' un quart de siècle d'avance sur la France.

Vu le nombre important de chiens pris en compte, et compte tenu que la nourriture pour chiens nous vient principalement des Etats-Unis, et qu'en outre et conséquemment, la situation est comparable dans le monde entier où la dysplasie a émergé  au même moment,  ces statistiques irréfutables démontrent que les résultats escomptés ne sont pas au rendez-vous, puisqu'elles existent depuis que le programme d'éradication a été mis en place, soit  50 ans en ce qui concerne les Etats-Unis.

Les statistiques de l'OFA  effectuées de janvier 1974 à décembre 2005 placent le labrador, avec176644 radios examinées, à la 74 ème place des races les plus touchées, sur 142 races étudiées,  avec, pour les chiens nés entre 1998 et 2000, 20,6% de hanches parfaites, et 10,6% de dysplasie sévère et, pour les résultats publiés fin 2005, 16,8% de hanches excellentes contre 12,3% de dysplasie grave...

Il est intéressant de noter que les golden retrievers sont à la 32° place avec 3,5% de hanches excellentes et 20,2% de dysplasie grave sur 109798 radios examinées, alors que les bergers allemands occupent la 39° place avec 3,4% de hanches excellentes et 19% de dysplasie grave pour 86907 radios interprétées. Ce qui s'explique par la conformation de ces chiens qui les rend beaucoup plus sensibles que le labrador à tout ce qui peut entraîner une dysplasie. J'ajoute, pour conforter cette théorie, qu'à part les races qui semblaient protégées de la dysplasie et où elle commence à émmerger, les classements en fonction des races restent immuables.

On constate que depuis 2002, on ne donne pas de résultats précis sur la période 2002-2005, et que, si l'on étudie le nombre de chiens cotés, si la situation a semblé s'améliorer au début, jamais, toutefois au delà d'une proportion de 10%, à présent, vu le manque d'informations précises, on ne peut que constater, en l'état, une stagnation, voire une régression des bons résultats,  alors que le programme d'éradication bat son plein depuis des dizaines d'années, ce qui me conforte dans un sentiment acquis sur le terrain, à l'expérience, sur plus de trente ans d'observation sur de vraies lignées, alors que les recherches effectuées ont toujours porté sur des portées isolées et jamais sur des lignées.

Les chercheurs estiment en effet qu'il serait trop long de travailler sur des lignées, au moins une quinzaine d'années, ce qu'ils considèrent comme la durée d'activité moyenne d'un éleveur. Y aurait-il là une relation de cause à effet? moins l'éleveur a d'expérience, moins il sera en mesure de douter de la théorie. Voilà donc une pathologie prétendue héréditaire sans que l'on ait effectué les recherches susceptibles de le prouver.

Si les chercheurs n'ont pas eu la patience de travailler quinze ans sur des lignées, j'élève, moi, sur des lignées, depuis plus de trente ans et si j'ai longtemps respecté leur théorie par manque d'expérience, ce n'est plus le cas. Mon empirisme vaut bien leur absence de persévérance.

L'hérédité de la dysplasie coxo-fémorale n'a pas été démontrée c'est ce qui ressort des résultats statistiques de 50 ans d'un programme d'éradication inopérant, à moins que l'on se contente de 16,8% de hanches excellentes chez le labrador contre 10,8% il y a 25 ans, pour 12,3% de dysplasie grave contre 14,2% il y a 25 ans. De plus, son déterminisme génétique n'a jamais, et pour cause, été vérifié.

Bien que très décevants, ces résultats néanmoins existants peuvent s'expliquer par deux facteurs: Les éleveurs ont appris à ne faire coter que leurs bonnes radios et les plus avertis ont également appris à élever dans des conditions optimales en ce qui concerne la nourriture et l'environnement, ce qui s'avère de fait la seule mesure réellement efficace pour la prévention d'une pathologie exclusivement liée à la conformation de la race étudiée comme le démontre la constance du classement par races.

Contrairement à l'une des théories avancées au départ, il a été aisé de constater que ce n'est pas une affection congénitale c'est à dire  présente à la naissance, comme le supposait la loi scélérate, et que, par conséquent, en dépit des accusations dont certains n'hésitent pas à accabler les éleveurs, s'il y a une chose dont ces derniers sont certains, c'est que les chiots ne sont jamais dysplasiques

Encore que !!! Le dernier argument de vente en vogue, chaudement encouragé par certains vétérinaires, c'est de fournir les radios de hanches de chiots de deux mois!!!!!! A deux mois, un chiot est comme un enfant, en caoutchouc. L'hyper-laxité est normale Messieurs les experts. Les radios que vous agréez n'offrent aucune garantie pour l'avenir du chiot. Quant à ceux que vous faites euthanasier par incompétence, c'est une véritable honte.

En fait, la dysplasie ne se déclare qu' au cours de la croissance du chiot , peut être aggravée, voire provoquée par certaines manipulations, comme le protocole de prise des radios,  peut présenter des gradations diverses, peut passer totalement inaperçue, comme provoquer des boiteries plus ou moins sévères pendant la croissance, sans qu'il convienne de s'affoler à la moindre boiterie, qui, pour autant que le chien ait été correctement nourri, peut survenir suite à un traumatisme sur lequel l'ostéopathe agira efficacement avant que la lésion ne dégénère en dysplasie. Et les boiteries de croissance existent chez les chiots comme chez les enfants. Encore faut-il savoir réagir correctement. (www.labradors.org/album25)

"Il n'y a aucune relation entre le degré de boiterie et le degré de dysplasie" Professeur Quéinnec, "la dysplasie de la hanche chez le chien"

La dysplasie grave, une fois installée, se manifeste à l'oeil nu par une anomalie du développement, le chien souffrant des hanches se soulage en sollicitant ses épaules, ce qui lui donne une avant-main d'haltérophile pour une arrière-main étroite, car seuls les muscles qui travaillent se dessinent. Les aplombs sont incorrects, en statique, les pattes arrières ramenées sous le corps . Le mouvement n'a pas d'ampleur, le chien "marche sur les épaules" au lieu d'engager ses postérieurs, sans qu'il y ait nécessairement boiterie.

La démarche chaloupée caractéristique du jeune chiot est, en revanche, normale.

Ce sont les cas de dysplasie handicapante grave, qui ont préoccupé les chercheurs depuis les années 60, ces cas, relativement peu fréquents, ont néanmoins fourni prétexte à entretenir une phobie de la dysplasie, à des fins peu avouables. Le labrador n'est pas, et de loin, un infirme en puissance. C'est même plutôt un chien sans problème qui ne devrait  rencontrer le vétérinaire que pour ses vaccins.  Avec la dysplasie et le battage qui l'accompagne, le labrador, chien à la mode, est devenu la poule aux oeufs d'or de certains praticiens qui ont trouvé là un moyen efficace de rentabiliser leur matériel radiologique et leurs salles d'opération.

N'oublions pas que le vétérinaire n'a pas d'obligation de résultat, il n'est tenu qu'à soigner en fonction d'un diagnostic personnel. C'est sans doute la raison pour laquelle certains vétérinaires continuent à bourrer les chiots de compléments du type Petphos pendant la croissance, alors que l'on sait depuis longtemps qu'un apport excessif de calcium pendant la croissance est de nature à provoquer des dysplasies.

Une fois installée, la dysplasie ne se soigne pas, quand bien même certains proposent des traitements à vie aux propriétaires aussi crédules que désarmés. Le chien apprend à compenser son handicap de manière à mener une vie normale, certains peuvent même devenir de grands sportifs, tels quelques grands champions de travail anglais dont on a pu constater avec stupeur le degré élevé de dysplasie.

Prétendre qu'une intervention chirurgicale empêchera l'apparition de l'arthrose qui peut entraîner des boiteries chez le chien vieillissant, c'est choisir d'ignorer les séquelles d'une telle opération, au demeurant traumatisante chez un jeune chien n'ayant pas terminé sa croissance, dont le résultat n'est pas garanti, et qui présente les risques inhérents à toute anesthésie et complications opératoires.

"La non intervention doit être la règle s'il n'y a pas de signes cliniques majeurs de douleur, et si celle-ci peut  être rendue supportable par un traitement médical... Le traitement par la chirurgie doit être envisagé en dernier recours... une prothèse de hanche ne se pose pas avant l'âge adulte (plus de 2 ans)" La Dysplasie de la Hanche du Chien" Professeur Michel Franck

Mais comme il est facile de jouer du désarroi d'un maître qui s'affole à la moindre boiterie et le convaincre de faire opérer son chien dans l'urgence alors qu'avec un traitement médical pour la douleur et en laissant faire la nature, ce chien pourrait, dans la majorité des cas, mener une vie normale. Quant à l'arthrose en vieillissant, elle ne dépend pas nécessairement de la dysplasie.

Comme il est facile, même si son chien ne boite pas, de lui proposer une radio de contrôle à 6 mois. Rares, en effet, sont les vétérinaires qui refusent de radiographier avant un an, parce qu'ils savent que c'est DANGEREUX, et parce que du fait que l'on peut, pendant la croissance, manipuler les hanches à volonté, cela n'a aucun sens.

Sauf cas exceptionnel, radiographier les hanches d'un chien  qui n'a pas encore un an n'est autre, à mes yeux, qu' un signe notoire  soit  d'incompétence soit de mercantilisme. Radiographier avant l'âge de un an est effectivement le meilleur moyen de pouvoir proposer une intervention chirurgicale, qui, au vu des témoignages que je reçois, est extrêmement douloureuse pour le chien et ne s'avère pas nécessairement concluante, d'autant que, dans bien des cas , elle n'est pas motivée par une dysplasie grave.

En ce qui me concerne, en quarante ans de vie au contact des labradors, si j'ai eu affaire à des dysplasiques je n'ai jamais songé à en faire opérer un seul  et n'ai eu qu'à  m'en féliciter, il est vrai que je n'ai pas été confrontée à de graves accidents.

Comment ne pas être atterrée à voir cette frénésie à radiographier de jeunes chiens et à les opérer à tort et à travers. Certains vétérinaires vont même jusqu'à prévoir une radio de contrôle à six mois lors du rappel de vaccins des trois mois.

Il est vrai que l'industrie des intervention chirurgicales sur les hanches des chiens n'est en place que depuis à peine une vingtaine d'années, il fut un temps où l'on euthanasiait purement et simplement les jeunes chiens censés être atteints de dysplasie coxo-fémorale grave, pour découvrir parfois, à l'autopsie, qu'en fait ils n'étaient pas dysplasiques, mais présentaient simplement une laxité ligamentaire explicable par leur âge....  Il y a un peu plus de 20 ans je faisais contrôler mes futurs géniteurs dès 6 mois, jusqu'à ce que l'Ecole vétérinaire de Berne, qui effectuait et interprétait les radios, se rende compte qu'il fallait cesser de radiographier d'aussi jeunes chiens, même si l'éleveur est toujours anxieux de savoir... Depuis,  j'ai appris à mes dépends qu'il y avait urgence  à  limiter les dégâts, à ne pas radiographier avant un an sans raison impérative.

J'ai aussi appris qu'un chien pouvait être parfait à six mois pour, en fonction des conditions dans lesquelles s'est effectuée sa fin de croissance, période la plus sensible car le chien est lourd pour des articulations toujours fragiles, se retrouver gravement dysplasique à un an.

Tout le monde s'accorde à éviter tout traumatisme à un labrador n'ayant pas terminé sa croissance. Seront prohibés les escaliers, les carrelages glissants, les exercices soutenus, les sauts, les jeux brutaux etc...

Mais certains n'hésitent pas à risquer de provoquer volontairement le traumatisme que l'on tente d'éviter.

PROTOCOLE D'UNE PRISE DE  RADIO DE DEPISTAGE DE LA DYSPLASIE DE LA HANCHE

Position

Pour satisfaire au protocole, les fémurs doivent être parfaitement parallèles, les rotules au zénith, ce qui n'est possible qu'en étirant le chien, comme le montre le croquis, chacun tire avec force de son coté tout en effectuant un mouvement de rotation sur les fémurs, de façon à ce que les rotules soient au zénith. Pour pouvoir obtenir ce positionnement peu  naturel pour un quadrupède, la majorité des vétérinaires trouve plus confortable d' anesthésier le chien (ce qui, non seulement comporte le risque inhérent à toute anesthésie, mais modifie bien évidemment le tonus musculaire, ce qui, ajouté à la laxité ligamentaire propre aux jeunes chiens peut, dans les cas où il n'y a pas de lésions, donner une radio qui n'a pas la moindre signification, la mesure de l'angle de Norberg n'ayant aucune valeur chez un chien n'ayant pas terminé sa croissance)

Il n'est pas difficile de comprendre que ce genre de manipulation peut, en outre, chez un chien en pleine croissance, provoquer une luxation artificielle de la hanche. 

Je me suis rendu compte qu'en ce qui concerne les mâles, dont le développement n'est pas achevé avant l'âge de trois ans, la radio de hanche peut être meilleure à deux ans qu'à un an, et, qu'en tout état de cause, elle est plus explicite à cet âge là.

Mais alors, pourquoi??? pourquoi un tel battage, pourquoi faire courir autant de risques à cet amour de chien dont la devise a longtemps été "vétérinaire connais pas"

Parce qu'en 1989, en dépit de la réprobation de certaines personnalités, dont le Professeur Quéinnec, une loi a été votée, érigeant la dysplasie coxo-fémorale au rang de "vice rédhibitoire", connue dans le monde de l'élevage sous le nom de" loi Nallet".

La dysplasie coxo-fémorale, dont les nombreux stades ont étés occultés, est ainsi venue grossir les rangs des vices rédhibitoires, rejoignant l'ectopie testiculaire qui, curieusement, s'opère elle aussi à tort et à travers, répertoriés au Code Rural et aurait dû, en toute logique, et puisqu' à l'époque on la pensait congénitale, donc, raisonnement simpliste, héréditaire, dépendre des dispositions prévues par ce Code qui régit toutes les transactions commerciales portant sur les animaux domestiques.

Or le délai prévu par le Code Rural pour intenter une action en vice rédhibitoire est de trente jours après l'acquisition du chien.

L'objectif n'étant manifestement pas de déterminer les causes réelles de cette affection ni les moyens d'y remédier, la loi se vit délibérément contournée et les éleveurs attaqués en "vices cachés" sur la base du Code Civil qui ravale le chien au concept de meuble.

Les vieux éleveurs ont toujours en mémoire la condamnation, voilà une quinzaine d' années, à 100 000Frs. de dommages et intérêts de cette éleveuse professionnelle de bergers allemands, qui avait scrupuleusement suivi les conseils de son club de race en matière de dépistage de la dysplasie.

Cette éleveuse professionnelle, c'est à dire acquittant 50% de charges sociales sur ses bénéfices, s'est vue lourdement condamner pour avoir vendu 4000Frs.chacune, deux femelles destinées à l'élevage (au noir) à un même acquéreur, cuisinier de son état, qui se sont révélées toutes deux gravement dysplasiques.

Que ces deux femelles élevées dans les mêmes conditions aient été les seules dysplasiques de la portée ne semble pas avoir interpellé grand monde, en revanche,  cette condamnation a eu pour effet d'encombrer les tribunaux d' assignations pour vices cachés sous toutes sortes de prétextes relatifs aux animaux de compagnie.

Et bien C'EST FINI. Depuis 2001, la jurisprudence en Cour de Cassation stipule que, sauf convention explicite contraire, seul le Code Rural s'applique en matière de transactions commerciales concernant les animaux de compagnie.Atout Chien.

Par conséquent, les choses ne peuvent plus se régler qu'à l'amiable, puisque la dysplasie se déclare toujours en dehors des délais prévus par le Code Rural, au même titre que toutes catastrophes pouvant frapper un être vivant sans pour autant être au nombre des vices rédhibitoires.

C'est dire l'importance du climat de confiance indispensable entre acquéreur et éleveur. Ce dernier n'ayant plus à supporter d'être traîné dans la boue, comme ce fut longtemps le cas, et souvent à l'instigation du vétérinaire, pour la bonne raison qu'il n'est en rien responsable d'une pathologie pour laquelle il a mis en garde l'acquéreur et lui a prodigué les conseils adéquats qui n'ont manifestement pas été suivis en cas de dysplasie invalidante. On peut en revanche s'interroger sur la responsabilité de l'éleveur qui garantit l'absence de risque de dysplasie de ses chiots sur la foi de l'absence de dysplasie de ses géniteurs.

Comme indiqué plus haut la dysplasie se mesure, de façon plus ou moins sophistiquée, les anglais cotant chaque hanche de 0 à 53, les européens cotant les deux hanches en bloc du A au E, quand bien même il peut y avoir de sérieuses différences d'une hanche à l'autre. La moyenne statistique chez le labrador demeure le "C" en dépit d'un programme d'éradication vieux  d'un demi siècle.

Les directives d'élevage mises au point par les adeptes de la théorie de l'hérédité de la dysplasie acceptent  conséquemment à la reproduction les labradors cotés du A au C.

C'est au stade "E" que le chien peut éventuellement être, passagèrement, réellement handicapé. Au "C" comme au "D", le labrador mènera une vie aussi longue que normale.

Les poses de prothèses et autres douceurs sont-elles indispensables, certainement pas. Sont elles seulement indiquées? tout dépend de quel coté on se trouve. Dès lors que l'éleveur est tenu pour responsable d'une affection qu'on n'a même pas pris le soin de définir avec précision,  ceux qui n'engagent en rien leur responsabilité auraient tort de se gêner, posent le diagnostic qui leur convient, et continuent, pour certains, à suggérer au malheureux maître d'engager des procédures contre l'éleveur afin de couvrir des honoraires souvent exorbitants, oubliant sans doute qu'en tout état de cause, le vice rédhibitoire annule purement et simplement  la vente, et que, par conséquent, l'éleveur n'est pas tenu au remboursement de frais vétérinaires engagés à son insu.

Le seul gagnant dans l'affaire est toujours le praticien, et le plus à plaindre, le chien.

MAIS DEPUIS LE TEMPS QUE L'ON N'UTILISE QUE DES GENITEURS AYANT DE BONNES HANCHES, POURQUOI QUELQUES CHIENS GRAVEMENT ATTEINTS SONT ILS ENCORE ISSUS DE CES LIGNEES REPUTEES INDEMNES  ??

Il est effectivement regrettable que les vétérinaires instigateurs de ce mode de sélection ne soient, une fois encore, pas responsables du résultat.

Pour conserver à une race toutes ses caractéristiques, la sélection, en élevage, prend en compte une multitude de paramètres auxquels le scientifique est hermétique.

A chacun son métier, que chacun s'occupe de ce qu'il connaît et les oies seront bien gardées. On ne peut sélectionner que sur la base d'une expérience personnelle palpable de l'élevage, et ce, d'autant plus que l'éleveur est, lui, légalement et affectivement responsable des chiots qu'il élève.

Aucun éleveur expérimenté et honnête ne peut prétendre garantir l'absence de dysplasie future de ses chiots sur la seule foi de l'absence de dysplasie de leurs ascendants.

En effet, les excellentes hanches se transmettent de façon aussi hasardeuse que les moins bonnes, qui peuvent, elles aussi reproduire des hanches parfaites. C'est en intervenant sur les conditions d'élevage du chiot, dès la gestation, que l'on parvient à des résultats intéressants.

Entre un chien aux hanches parfaites, mais au patrimoine génétique douteux, bâti comme un cheval de bois, au caractère aussi dur que l'expression, et affublé d'un poil ras, et un chien aux hanches moins bonnes présentant tous les points forts du standard et dont le pédigrée me convient, je n'hésite pas une seconde, j'élimine le premier et j'utilise le second. Ce sont des labradors, pas des radios, que j'élève depuis  plus de 30 ans, et s'ils ont gardé toutes les caractéristiques de la race tout en étant de moins en moins touchés par la dysplasie, c'est bien parce que j'ai appris à me méfier des théories fumeuses, à me tenir informée, et à me servir de mon expérience et de mon cerveau.

Je laisse les théories séduisantes aux "élevants en herbe" et à ceux qui ne seront jamais que des "élevants" Ce mot m'est venu en regardant une émission littéraire, l'écrivain interviewé opposait le concept d'écrivain à celui d'"écrivant" opportuniste, qui devient rarement "écrivain". Les vieux éleveurs, les vrais éleveurs, ne s'en laissent plus conter, témoin cet éleveur de beaucerons (de père en fils) sous l'affixe "Les Fugues de Saint-Alban" Archive.

Quelque hypothèse que l'on puisse avancer en ce qui concerne la dysplasie, ce qui saute aux yeux c'est que c'est un facteur d'enrichissement de choix pour les uns, un moyen de pression pour les autres, et, enfin, que les certificats des géniteurs constituent l'unique référence sans le moindre effet de garantie, des "élevants", dont les producteurs multi-races, qui passent allègrement d'une race à la mode à l'autre, en mettant toujours en avant ce type de références que le lobby vétérinaire leur offre sur un plateau d'argent.

Décidément, l'avenir est à l'élevage industriel.

Comment empêcher le propriétaire d'un étalon de vendre des saillies ? C'est tout simple : le coter "B" en dysplasie alors qu'il est "A". Puisqu'en France chaque club de race appointe et contrôle son lecteur de radios, tout est permis, et, s'il faut suivre les conseils inopérants de ces experts sans expérience, seuls les chiens cotés "A" doivent être accouplés avec des partenaires moins bien cotés. Ces pratiques contestables m'ont convaincue de ne plus vendre ni saillies, ni femelles pour l'élevage. Aujourd'hui, un chien de la qualité d'Ecrockett  ne peut plus exister qu'au Valhalla.

Publié dans Maladies

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